Majjesty King est une artiste hip-hop. Elle est auteur compositeur interprète, co-réalisatrice, styliste, photographe et modèle. Artiste multi-talents elle est aussi sa propre productrice (merguez-records)

Née à mantes la jolie en 1980 de parents algériens, King grandit dans un hlm d’une petite ville du 78 en étant passionnée de lettres et de dessin, elle tombe amoureuse du hip hop très jeune et en 1994 débute dans le graffiti.

Elle intègre ensuite comme parolière et rappeuse le groupe rouennais « NLS » (« nique la société » composé de danseurs et de rappeurs) en 1996 (devenu plus tard « BBCR/blacks-beurs contres-racistes » suite aux annulations de concerts/passages radios causés par leur nom de scène) puis quitte la province normande et retourne en île de France tenter sa chance dans l’underground parisien en 1998 avec de bons souvenirs de ses débuts.

A Paris, elle multiplie les micros ouverts, scènes et mix-tapes mais reçoit fausses promesses ou propositions qui ne conviennent ni à son tempérament créatif ni à son niveau textuel. Elle découvre donc la condition très vulnérable des filles maghrébines d’origine modeste et des racisées en général dans l’industrie de la musique dont beaucoup essayent de profiter sur tous les plans tout en les cantonnant à des rôles de bimbos ou de faire valoir d’un pygmalion, sans parler des plagiats et abus dont elles sont souvent victimes. Ses refus nets et catégoriques face à ce qu’on lui présente comme une norme lui vaudront des portes fermées qu'elle considèrera comme une ouverture vers d'autres aventures.

Car Majjesty King explose de rire, explose les portes et casse les normes!
Afin de rester indépendante elle décide en 2002 après 7 ans de rap de s’autoproduire, n’ayant que des moyens limités, elle appelle son label « c’est la merde prod !» Très proche de sa communauté kabyle, elle travaille dans leurs restos couscous-soirées dansantes, en tant que mi-Barman/mi-Dj et économise ses pourboires afin de financer son projet.

Son premier mini-album conceptuel tragico-comique « Vide-ordures » ou elle se met en scène dans une déchèterie en s’autoproclamant« reine des égouts» (concept/hommage aux artistes féminines du ghetto et à leurs difficultés dans leurs vies personnelles car préoccupées en premier lieu par leur quotidien précaires et sans soutien) ne sortira qu’en 2005 et recevra un succès d’estime dans le rap underground . Elle devient la première femme en Europe et la plus jeune chanteuse de hip-hop a s’autoproduire sans contacts, peu d'aide et un mini-budget grâce à sa discipline et son travail minutieux.

Les années se suivent, et Majjesty King multiplie les expériences artistiques diverses et variées même dans de très mauvaises conditions, ce qui étoffe son expérience. Elle devient musicienne, et apporte ses propres mélodies pour n’avoir à dépendre d’un beatmaker que pour ses béats au vu du manque de qualité-variété des compositions proposées. Elle travaille aussi sur des défilés de mode, apprend la décoration pour ses clips, la photo et deviens modèle pour de petites street-marques. Elle trouve toujours les moyens et la positivité pour continuer à rapper et produit plusieurs clips et morceaux (dont « Celibataillante » et le fameux « Prisonnières » qui traite de la condition des filles défavorisées de France) qu’elle co-réalise, en recrutant uniquement des jeunes filles artistes dans les MJC et dans la rue pour la danse, le chant et la figuration de ses clips dont elle crée elle-meme les décors, ainsi que les costumes en tant que styliste.

En parallèle, elle part régulièrement en Algérie faire des reportages photos sur les femmes berbères d’Afrique du Nord et revient exposer ses œuvres dans des galeries d’art  parisiennes.

Majjesty King reste une artiste sans concessions et entreprenante qui transforme tous ses problèmes en rage et projets aboutis afin de créer ce chemin qui n’existe pas. « Pour ne pas que les gamines qui arrivent derrière vivent la même chose et trouvent une route déjà tracée » Elle revendique sa liberté artistique en gardant sa créativité, et sa féminité, mais malgré tout ça ne se considère pas vraiment comme une rappeuse engagée car être elle-même, mener simplement sa vie d’artiste et être en vie est déjà un combat de tous les instants.

En 2021 la situation est toujours la même pour une artiste d’origine maghrébine qui souhaiterai sortir des clichés et des minuscules cases imposées en plus des tentatives de plagiats incessantes, ses expériences racistes dans le milieu musical se multiplient jusqu’à ce jour : « Tu peux repartir avec tes textes , ils sont trop bons, tout le monde va te boycotter, mais tu peux chanter que ton copain noir ou arabe t’a frappé? Ça, ça va marcher!» « Y’a déjà une arabe dans mon label » « Sois belle, pas créative ». « Tu écris trop bien pour représenter les gens de ton espèce, ils ne pourront s’identifier ce ne sera pas rentable, et moi je fais que du rentable » « Tu pourrais chanter sur le couscous ?»

Puisque les ignorants, racistes et sexistes ont si faim de couscous, Majjesty King décide de leur en préparer un piquant avec beaucoup de harissa pour qu’ils s’étouffent avec. Elle produit donc le EP: « l’ignorance est un choix » dont « sauce couscous » qui traite des causes du racisme en France et haïssez moi qui parle du manque d’unité dans la communauté maghrébine comme une des conséquences de ce racisme, 2 faces d’une même médaille donc, avec ce E.P. elle nous démontre encore une fois qu’on peut faire du rap en abordant des sujets épineux avec brio, finesse et poésie.

Le clip de l’hymne anti-raciste « sauce couscous » produit sous sa nouvelle bannière « Merguez Records » est tourné à Clignancourt puis à Barbès ou il finit en apothéose dans une couscoussière géante portée par le public à la fin de son concert.

Début 2026 son rêve de mêler Drill (sous-genre rap originaire de Chicago) et musique Kabyle voit le jour.Après avoir écrit, traduit et composé en partie le morceau, elle s'entoure de DJ Mehdi Kennyboy (créateur des premières soirées de fusion urbaine-orientales) de Said des Mureaux, ancien producteur de Rohff et de Nabil Hamzaoui l'arrangeur d'Ait Menguellet/Mohamed Allaoua afin de le finaliser et nomme ce nouvel ovni "SIDI MENZOU" dont le texte est entièrement dédié a ses amis Harragas (exilés) dans un clip réalisé par ses soins entre Paris Nord et l'Algérie.


Laissez Majjesty King vous emporter dans son univers riche, profond et réfléchi grâce à son style unique et authentique que beaucoup tentent en vain d’imiter, loin des styles habituels vus et revus, et des clichés empoussiérés du rap français, c’est à travers ce nouveau projet, qu’elle prouve encore une fois posséder cette grandeur artistique qui gravera à jamais ses textes frais et pertinents dans le hip-hop hexagonal.